Compagnie médiévale - Lions de guerre 
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Compagnie médiévale Les Lions de Guerre

La compagnie médiévale des Lions de Guerre est une association Loi 1901, créée en 2006, dont la vocation est de recréer et restituer le Moyen Âge à travers différentes activités. À partir de l’étude de sources historiques disponibles, ses membres pratiquent l’escrime médiévale, organisent des entraînements de type « spectacle », animent des fêtes médiévales et participent à des regroupements de troupes.

Ses membres fondateurs sont tous des médiévistes chevronnés, qui ont décidé, après plusieurs années dans différentes troupes de construire ensemble une compagnie qui leur ressemble. La compagnie compte aujourd’hui une vingtaine de membres situés à Toulouse et Marseille.


Les Lions de Guerre

1380 : notre période historique

La compagnie médiévale des Lions de Guerre s'intéresse à l'époque de la guerre de Cent Ans, et se positionne dans l'année 1380, après la signature du traité de Brétigny-Calais.

Cette année marque un tournant dans les conflits qui ravagent la France. Répondant à l'appel des gens maltraités par les bandes de routiers, les Lions de Guerre partent au combat bien décidés à en découdre.



Il était une fois... en l'an de grâce 1380

Le froid est encore ardent, avivé par le vent du Nord. Pourtant, Pâques est déjà passé et l’hiver ne devrait plus mordre ainsi. Le chevalier maugrée en remontant le pan de son mantel, dérobant ainsi sa gorge à la bise glaciale. Il est inquiet et jette des coups d’oeil furtifs vers les bas-côtés, à la recherche de tout bruit suspect. Ses hommes, à ses côtés, serrent la hampe de leurs armes d'hast. La forêt est dense, par ici, et c’est le dernier territoire de son fief qu’il n’a pas exploré. Les bandits doivent s’y terrer et il lui faut les débusquer avant de tomber dans leur embuscade.

Seize ans, déjà, qu’ils sont en guerre. Le monde d’avant Crecy, d’avant les guerres et les famines, lui semble aujourd’hui presque irréel. Parfois, pour oublier les nuits passées à bivouaquer et les journées à chevaucher, il se réfugie dans ses vieux souvenirs. Il n’avait pas douze ans quand son père est parti du château avec ses soldats. Qu’il avait fière allure en son armure ! En montant à cheval, le seigneur avait passé sa main dans les cheveux de son fils et lui avait promis, entre deux rires, de lui rapporter l’épée d’un Godon. Cette image est le fantôme de son père, la seule qui lui reste.

De Crécy, une poignée d’hommes seulement est revenue. Puis Poitiers vit la ruine d’un Royaume de France déjà saigné par la Grande Peste. Aux grandes batailles succèdent les escarmouches, aux famines les épidémies. La paix, aujourd’hui, n’est à ses yeux qu’une folie à laquelle peuvent encore croire, seulement, les jouvencelles et les moines. Qu’a apporté le traité de Brétigny ?

En mettant un terme au conflit, il a jeté sur les routes des centaines de compagnies qui, désoeuvrées, errent en quête de pillages et de rapines. Les puissants ont beau jeu de faire la paix, de rincer le sang de leurs féaux tombés les armes à la main d’une rasade d’hypocras ! Son père est tombé au service du roi, lui faillit mourir à Poitiers. Et, tandis que dans les cours ducales et les palais princiers l’on fête depuis des mois la paix, le voilà contraint d'affronter des routiers jusqu’aux portes de son château !

Ses pensées se font plus diffuses. Bercé par le pas chaloupé de sa monture, le chevalier commence à s’assoupir. Soudain, du coin de l’oeil, il lui semble apercevoir une ombre se faufilant dans les taillis qui bordent la route. Le sommeil le quitte en un instant et il sent monter en lui la terrible excitation qui précède chaque bataille. Le sang bat ses tempes et un sourire féroce s’accroche à ses lèvres et il tire du fourreau la vieille épée de son père.

- Sus ! Point de merci à ces vauriens !

Ils n’ont connu, depuis seize ans, que la guerre et ses carnages. Ils savent tous ce qu’elle vaut et ont appris à l’aimer au fil des campagnes. Beaucoup d’entre eux ont embrassé la grande faucheuse et plusieurs, n’ayant pu esquiver totalement sa lame, en gardent de douloureuses cicatrices. Mais pourrait-il se résoudre à la vie de châtelain, n’occupant ses journées qu’en chasses et grivoiseries ? Ses hommes, vétérans de Crecy et de Poitiers, sur les routes depuis seize ans, pourraient-ils prendre femme et s’établir comme fermiers ? Et si c’était la paix, finalement, qui les terrifiait tous ?